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ÅÈÏÇÚÇÊ

AHFIR A L’EPREUVE DE SON CALIFE - 5
- ÈÜÞÜáã Issamy
- ÅÞÜÑà áäÝÓ ÇáßÜÇÊÈ
23 12 2017 - 16:34


 

AHFIR A L’EPREUVE DE SON CALIFE
Episode V : La libération de l'adolescent

Le procédé « bouche à oreille », comme d’habitude, fonctionna merveilleusement dans le quartier, la mauvaise nouvelle s’y était répandue en peu de temps. La précipitation de Mimouna dans ce malheur lui valut, en effet, la sympathie et la compassion, mais aussi la curiosité de ses voisines.x

Elles vinrent toutes, mêmes celles qui s’en trouvaient lointaines, pour vérifier ce qu’une nébuleuse narrative a débité à propos de son fils. Elles Quand Elles eurent appris la vérité, elles compatirent à son chagrin en termes fustigeant l’imprévisibilité du makhzen en général et celle du calife en particulier. Elles dénoncèrent l’injustice qui s’abattit sur sa famille en glorifiant le comportement exemplaire de tous ses membres. Dans cet élan de solidarité, certaines se laissèrent aller à prononcer des imprécations virulentes contre le calife et ses sbires. Chaque fois que l’une d’elles annonçait sa décision de rentrer chez-elle où moult occupations l’attendraient, la maîtresse de maison s’excusait très humblement d’avoir failli au devoir de l’hospitalité envers elle en ne lui offrant même pas le thé (pratique matérialisant le plus modeste acte de générosité). Rabha, l’une des visiteuses arrivée plus tôt que toutes les autres qui, pour bien marquer sa proximité de la famille et notamment de Mimouna, était restée la dernière à partir, se pencha légèrement vers son hôtesse, comme de peur d’être entendue par des oreilles indiscrètes, et lui murmura :
—« Ecoute-moi bien ! Pourquoi tu ne vas pas voir Maâzouza, la fille de Zahra ; son mari est un haut gradé dans l’armée de Sidna (notre seigneur, en référence au roi), « sa parole est très entendue» (on lui refuse rien). Lui il peut intercéder auprès du Lakhlifa ou même le caïd pour libérer ton fils».
Buvant ces derniers propos, Mimouna écarquilla des yeux pleins d’espoir. Cependant, elle rétorqua avec appréhension:
—« Tu crois que Maâzouza acceptera de se préoccuper du sort de mon fils et en parlera à son mari? Ah ! Que Dieu entende tes paroles».
Maâzouza de par la position officielle de son mari et le rang qu’elle confère au couple dans la hiérarchie sociale et le fait qu’elle habitait dans le quartier huppé où ne se côtoient que les notables de la ville, Mimouna la jugeait inaccessible aux personnes de sa trempe. Mais Rabha, sûre de son conseil, lui sortit l’argument fatal :
—«On raconte que même s’il est un rharbi (du Maroc occidental), il rend beaucoup de services et aide les gens en difficulté ; tout le monde témoigne qu’il est un homme de bien... Va voir Maâzouza, inchallah, elle ne te refusera pas ce service».
Mimouna n’avait pas besoin de cet ultime argument pour tenter tout ce qui pourrait, de loin ou de près aider à faire sortir son fils de prison, néanmoins le poids de son humble position sociale insinua le doute dans son esprit et rétorqua, comme pour avoir plus d’assurance de la part de Rabha :
—« Mais, je ne la connais pas bien...Je ne sais même pas où elle habite... Comment faire pour y aller ? Soudain une idée l’illumina : «A moins que je passe par le truchement de Zahra, sa mère, que je connais mieux... Oui, c’est ce que je fais faire de ce pas ».
Les deux femmes se quittèrent sur cette détermination et formèrent le vœu auprès de Dieu pour qu’il facilite l’entreprise. Mimouna s’enveloppa, précipitamment, dans son haïk, arbora son litham, qu’elle n’ajusta même pas, tellement elle était pressée d’entamer sa mission et fit promettre à ses deux enfants de rester tranquilles à la maison et de ne rien dire à personne et surtout à leur père de son projet d’aller demander le secours du rharbi par l’intermédiaire de sa femme Maâzouza.
Avant de frapper à la porte de la maison de Zahra, Mimouna invoqua Dieu et le pria de l’assister et de faciliter sa démarche. Puis, sans oser appuyer sur le bouton de la sonnette électrique, elle donna deux coups légers à une porte qui témoignait d’emblée de l’aisance matérielle des occupants. Une voix douce demanda « qui est-ce ? ». Avant que Mimouna n’eut usé, en guise de réponse, de la formule conventionnelle « un(e) proche», la porte s’ouvrit et c’est Maâzouza en chair et en os, toute parée d’un long «crafache(1) boulahya» ( collier d’or au bout duquel pend un médaillon terminé d’une mèche en fils d’or, d’une grande valeur tant sociale que marchande), doublé d’une chaine tressée et un septuple de bracelets à chaque poignet, le tout en or, qui déclama:
—«Marh’ba (bienvenue), khalti (tante) Mimouna ! Et d’ajouter sans transition, Dis-moi que je ne me trompe pas, tu es bien khalti Mimouna? »
Le fait qu’elle fut reconnue par Maaâzouza elle-même, Mimouna en tira bon augure pour le dénouement de son affaire.
Après que Mimouna eut confirmé son identité et que les formalités d’accueil furent accomplies, Maâzouza, qui pensait qu’elle était venue visiter sa mère, s’obligea à s’excuser auprès d’elle de l’absence momentanée de sa mère :
— « Ma mère est partie faire une petite course... Elle reviendra de suite... Assied-toi, elle n’en aura pas pour longtemps, lui dit-elle.»
Elle allait continuer à proférer les amabilités habituelles, mais Mimouna lui coupa la parole en prenant la posture humble et courtoise d’une demandeuse de faveur dans la difficulté :

—«Que Dieu te garde, ma fille... Lalla Maâzouza ! J’implore le secours de Dieu et le tien— elle répétait cette formule de sollicitation en l’accompagnant du geste qui traduit la soumission et qui consistait à baiser les vêtements de la personne sollicitée—, je suis venue quémander ton secours pour mon fils. On me l’a emprisonné.... Il est encore un enfant, lui il n’a rien fait de mal... C’est moi la fautive... »
Ne comprenant rien de ce discours hachuré, incohérent et même désarticulé par la forte émotion maternelle, Maâzouza, tempéra l’excitation de Mimouna en essayant de mettre fin à ses jérémiades :
—«Allah yahsan Âwnak (que Dieu t’assiste et t’aide de la meilleure façon) ! Mais je n’ai rien compris de ce qui tu viens de me dire... Calme-toi, essuie tes larmes et raconte-moi ce qui est arrivé à ton fils.»
Mimouna qui décela dans le regard de Maâzouza suffisamment de compassion voire de pitié pour nourrir son espoir, lui raconta, dans les détails ses péripéties matinales. Elle conclut son récit en en venant au but de sa visite :
—«Ah Banti (ma fille) Maâzouza, je prie Dieu et toi après Lui de m’aider à faire sortir mon fils de prison. Ton mari, que Dieu te le grade et le protège de tout malheur, ne peut-il pas intercéder auprès du calife, pour la libération de mon fils ? Tu sais bien que ce n’est qu’un enfant, qu’il ne maitrise pas ses passions et ne sait quoi sortir de sa bouche... Ah, les enfants d’aujourd’hui ! Ils ont pris le mauvais chemin, ils ne connaissent ni le respect, ni la pudeur... »
Posée de cette façon, la question ne laissa aucune échappatoire à Maâzouza, qui ne pouvait, au regard de la notoriété qu’elle estime revenir de droit et en toute légitimité à son époux, se réfugier derrière un quelconque prétexte pouvant faire apparaitre son cher époux comme inférieur ou même inféodé au calife. N’était-il pas le militaire le plus gradé de la ville ? Elle esquissa un sourire annonciateur de la réponse favorable et dénotant l’aisance de la mission au regard du pouvoir et de l’influence de son mari. Et puis n’était-ce pas une occasion supplémentaire pour rehausser et raffermir le prestige dont il jouissait dans l’ensemble de la ville et même au-delà ?
—« Rassure-toi, tante ! C’est chose anodine ce que tu nous demande. D’ailleurs, lui et moi, déjeunerons aujourd’hui chez ma mère...C’est pourquoi je me trouve chez-elle. Inchallah, dès qu’il rentrera je lui parlerai de l’affaire de ton fils et j’insisterai autant qu’il faudra pour qu’il le libère dès son retour à son travail, soit vers trois heures de l’après-midi...Sois tranquille et patiente jusqu’à l’après-midi... »
Mimouna la remercia abondamment et sur un ton suggérant qu’elle avait obtenu de sa part beaucoup mieux qu’elle ne s’y attendait, et ne manqua pas d’insérer, sous forme de monologue, entre deux remerciements proférés, son souhait que l’on ne frappât pas son fils. Dès qu’elle se trouva sur le chemin du retour chez-elle, Mimouna se sentit envahie d’un besoin de s’assurer encore une fois auprès de son hôtesse qu’elle allait tenir sa promesse. Cependant, une telle démarche pourrait être interprétée par Maâzouza comme un manque de confiance, elle ne pouvait courir le risque de gâcher ce qu’elle avait entrepris. En s’apercevant qu’elle se trouvait à proximité du cimetière où se trouve le mausolée de sidi Abdelkader Jilali, elle eut l’idée d’y aller faire une offrande au saint marabout pour qu’il facilitât le dénouement de l’affaire qui l’affolait d’inquiétude. Ella tâta son corsage et ne trouva pas son porte-monnaie, alors elle se résolut à rentrer directement chez-elle. Moult suppositions lui passèrent par la tête. Elles étaient toutes aussi inquiétantes les unes que les autres. Las de fonctionner sous l’emprise de la peur, son esprit se soumit au diktat de la superstition qui dominait sa représentation du monde. Aussi, conçut-t-elle l’idée ferme d’aller, en fin d’après-midi si son fils n’était pas libéré à la faveur de l’intercession du mari de Maâzouza, consulter le devin le plus connu de la ville.

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1 - Il s’agirait du mot cravache qui aurait été déformé par son introduction dans le dialecte propre à la ville.




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