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AHFIR A LEPREUVE DE SON CALIFE - 2
- Issamy
-
15 12 2017 - 23:21


 

AHFIR A LEPREUVE DE SON CALIFE
Episode II : Le monsieur propre

Devant lcart grandissant du comportement de la jeunesse en rapport avec le conservatisme immobile des anciennes gnrations, les reprsentants de celles-ci, qui y voyaient une faute contre la morale, portaient leur dsolation au point dinspirer la satire des troubadours, des conteurs, des potes et chanteurs traditionnels et autres animateurs de halkas(1)x

qui sen donnaient cur joie et en faisaient gorge chaude. Les uns et les autres glorifiaient les temps anciens, la sagesse des anctres et, contrario, en termes caustiques, dploraient ce quils prsentaient comme des drives juges graves tel que le port de la jupe par les filles et le dvoilement de leur chevelure, la demande dune plus grande libert des garons par rapport leurs ascendants, et autres avances sur le plan des liberts individuelles. Toutes ces attitudes revendicatives dune plus grande libert et du droit de disposer de soi-mme taient juges impudiques, amorales, anti-islamiques et bien plus elles devaient reprsenter les signes prcurseurs de la fin du monde telle quannonce par les anciens, il ne manquait plus que lultime signe de la fin du monde, savoir que la mule mette bas. Ntions-nous pas laube du 14me sicle de lre islamique ? Le sicle que les anciens sages annonaient comme la priode o la fin des temps devait se produire? La religion ntait-elle pas dprcie aux yeux de ces jeunes et moins jeunes qui renclaient passer leur vacances scolaires apprendre le coran dans des endroits vtustes improviss en coles coraniques ? Ne prfrait-on pas aller camper au bord de la mer o des hommes et des femmes, sans crainte de Dieu, sy adonnaient des pchs de dbauche ? Laisser faire cest courir le risque de faillir aux devoirs envers Dieu dabord et les hommes ensuite, cest accepter la dnaturation de la socit, cest ultimement imiter les kouffars (incrdules) dont le comportement est une ligne directe menant lenfer.
Cest dans ce climat, qui affligeait les anciens parce quils y dcelaient comme un gros danger dabtardissement de la collectivit, que le calife Chtara fourbit ses armes pour y faire face de toute sa volont et de toutes les forces que sa fonction mettait sa disposition.

Le Makhzen tait, dans limaginaire des gens, dans toutes les acceptions du terme, omniprsent et ses reprsentants omnipotents. Rien ne limitait le pouvoir de ces derniers face aux populations. Ils disposaient de celles-ci comme le berger dispose de ses brebis. Le makhzen est la seule source des droits quil octroie sous forme de faveurs et devoirs quil assimile des obligations naturelles. En dfendant les intrts du systme makhzenien, ses affids sen servaient eux-mmes, la mesure de leur importance dans la hirarchie, de cette domination. Ainsi, le maillon makhzenien avait les mains libres en ce qui concerne les pratiques de gestion quil jugeait opportunes par leur efficacit, cependant sans le moindre regard pour la justice et la lgalit. Tout ce qui tait de nature conforter le systme makhzenien tait justifi par cet objectif mme et peu importait les moyens pour lobtenir. Le systme gnrait sa propre lgalit quil rigeait en lgalit naturelle. La scurit et la prennit du rgime se confondaient avec lintrt gnral et le bien-tre auquel le peuple tait cens aspirer. Si la difficult de la vie contraignait absolument faire dolance, aussi juste ft-elle, elle devrait se faire dans la plus grande humilit. Les marocains dsignent une telle situation de soumission et de renoncement aux droits par lexpression Dites que lanne est excellente. Autrement dit, tout va bien dans le meilleur des royaumes.

Les jeunes instruits vivaient mal une situation qui les contraignait obir un responsable makhzenien la limite de lillettrisme et qui de surcroit les menait la baguette. Sils se maintenaient dans la tranquillit qui leur tait demande, ctait cause de cette peur paralysante enveloppe dans lespoir de rejoindre llite makhzenienne (devenir fonctionnaire de ltat) pour les uns et de quitter le pays vers lEurope pour les autres. Les premiers sastreignaient une patience et une assiduit constantes dans leur scolarit et les seconds multiplier les dmarches, au point de se risquer sur les voies illgales et dangereuses que proposaient les passeurs, pour raliser le rve de rejoindre leldorado europen dont ils songeaient quasi quotidiennement et sans relche pour exorciser un quotidien oppressant tous points de vue.
Pour compenser son flagrant dficit en matire administrative, le calife se consacrait exercer un paternalisme outrance sur la ville et ses habitants et, par consquent, aussi sur son conseil municipal lu au suffrage propre aux pays sous-dvelopps.

Ce paternalisme quil rigeait en intrt gnral, il lexerait en quelques domaines restreints, en particulier lordre et la propret dans la ville et la mise au pas de tout rcalcitrant ce quil concevait lui comme les convenances sociales respecter afin que lauthenticit soit sauvegarde. Il tait, en quelque sorte, lui tout seul, et le gardien et la police des bonnes murs.

Le monsieur propre quil incarna dictait, oralement, son unanimit des lois et des dcrets dapplication de celles-ci et veillait personnellement leur bonne excution. Bien plus il sen rjouissait des rsultats quil obtenait en intimidant la population.

Il se donna pour mission primordiale darpenter les rues de la ville, au dtriment des comptences et des responsabilits du conseil municipal, traquer la moindre incartade. Les premires mesures qui furent prises en priorit au dbut de son mandat, consistaient ce que les habitants devaient, absolument, garder les rues propres. De fait, aucune poubelle, vide ou pleine ne doit rester dans la rue aprs le passage du camion denlvement des ordures, chaque famille doit veiller la propret impeccable du tronon de trottoir qui borde sa maison.

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1 Spectacle populaire organis sur une place publique




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