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AHFIR A LEPREUVE DE SON CALIFE : Il portait bien son nom - 1
- Issamy
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13 12 2017 - 22:15


 

AHFIR A LEPREUVE DE SON CALIFE
x CHATAR dans la langue arabe signifie celui qui sloigne de lquilibre, de la modration, tels que dfinis conventionnellement. Dans la reprsentation ahfirienne, il est celui qui sort de lordinaire, du convenu, de lhabituel, soit par son intelligence ou par son habilet. De quelquun qui fait du zle en quoi que ce soit (par exemple celui qui abat plus de travail que dhabitude, qui fait preuve dveil de dextrit, un dbrouillard, ), on dit quil est chatar(1). Do le substantif CHTARA.x

Il est trs rare quune correspondance quasi parfaite stablisse entre le portrait moral que lon se fait dune personne et son nom. Par exemple un Lahbil (fou) nest pas forcment un alin mental. Pareillement un CHTARA ne fait pas toujours montre dune conduite qui sort de lordinaire et du conventionnel tel quil est dfini dans le milieu o il volue. Le rcit qui va suivre rapporte un cas qui fait exception cette rgle gnrale.
I - Il portait bien son nom
Il sappelait Chtara, il portait bien sa cinquantaine. Il tait n dune grande famille qui avait donn lÉtat marocain issu de lindpendance quelques commis, dont lui-mme. Son pass dancien rsistant au colonialisme franais dans sa rgion orientale du Maroc et le fait quil connt, par cur le texte sacr du saint coran, lui valussent dtre, probablement en compensation de services rendus la patrie, dtre dsign, par le ministre de lintrieur, Khalifa du cad(2) (second de lautorit locale reprsentant le ministre de lintrieur). Ce fut en cette qualit quil fut nomm Ahfir en pleines annes soixante. Ainsi, il devint la seconde autorit la plus haute de la ville, aprs son suprieur le cad. Le hasard ou plutt les conditions politiques, sociales et culturelles de lpoque et son Chtara (habilet), en fissent lautorit la plus respecte et surtout la plus redoute de la ville. Son autorit, mais aussi son autoritarisme et sa manire, unique dans lhistoire de la ville, de grer les affaires publiques, taient devenus tellement lgendaires, quil fut compar Omar Ibn Al Khattab, deuxime successeur (calife) du prophte, dont lhistoire islamique retient le charisme et lautorit implacables. Si les priodes se valaient, le premier serait lalter ego du deuxime. Ce ne fut pas un abus quil fut ainsi nomm par les jeunes de la ville, ceux qui subirent le plus ardemment ses rigueurs pendant plusieurs annes.
Traditionnel, la bonne franquette, il ltait tous points de vue. Vestimentairement, on ne lavait jamais vu en habit europen. Djellaba, babouches aux pieds, et comme coiffe, un tarbouche watani (chapeau patriote), faisaient le quotidien de son apparence. Il ltait tout aussi et mme plus pour tout ce qui touchait les valeurs morales et dabord celles quil promouvait lui en sa qualit de reprsentant et continuateur dune gnration, qui se trouvait lpoque (les annes soixante) en dcalage total au regard des nouveauts que les rvolutions de tout genre de la jeunesse occidentale, diffusaient dans le monde.
Ce fut lpoque o la musique, le mode vestimentaire, le look, les ides vhiculs par ces rvolutions, relguaient la tradition locale la case darriration. Deux mondes se ctoyaient et se combattaient. Un mnage frustrant pour lune comme pour lautre partie. La jeunesse se plaignait de la lourde chape que lui imposait la tradition et ses reprsentants, et ceux-ci dploraient le comportement rebelle et impudique auquel se livrait la premire, une conduite qui bafouait et pitinait tout le systme de valeurs qui fondait les relations entre les membres de la communaut.
A la faveur de ce modernisme dont la vague submergea aussi la jeunesse ahfirienne, les postes de radio se fixaient sur lunique station de la radio marocaine accompagnant cette vague et dont la langue de diffusion tait bien videmment le franais. On coutait, surtout, Johnny Halliday, Sheila, les Beatles, les Rolling Stones, et consorts et pisodiquement James Brown, Jimmy Hendrix, Joan Baez, Jacques Brel,. Quant Oum Kalthoum, Farid Al Atrach, Najat Essaghira, Mohammed Abdelwahab, ces tnors de la musique classique arabe, ne reprsentaient que des strates fossilises dun art quune certaine jeunesse trainait aux abois.
Comme loccident ne fait jamais les choses sans un multi-symbolisme, cette rvolution des sixties, dont seuls les aspects extrieurs touchrent profondment la jeunesse ahfirienne, se manifestait, outre lart musical, par les modes vestimentaires, le mode de coiffure, et autres aspects dun look conforme aux exigences de lappartenance cette vague moderniste. Les crnes rass ou coupe de cheveux en brosse taient devenus les reliques dune poque rvolue et abhorre. Vivent les cheveux longs et lisss coups de gel et autres moyens du bord (Chchia pendant le sommeil,), chemise coupe cintre pour faire ressortir les contours du buste, chaine de platine, faute dor, autour du coup, pantalon pattes dlphant, qui fait le plus large, un langage maill autant que possible de mots en franais. On lisait ostentatoirement gnralement de vieux numros de salut les copains et autres magazines semblables que lon se passait par lchange ou le prt. Les discussions portaient partout sur les mmes sujets : biographie et discographies des idoles de lpoque. Leurs posters tapissaient les murs des chambres ou coins de chambre des jeunes, on fredonnait les refrains de leurs chansons faciles retenir Une vraie obsession de tout ce qui est occidental sempara de la jeunesse notamment masculine. Quoiquelles eussent troqu les longues robes traditionnelles contre des jupes, les filles moins portes sur la rbellion par lcrasement continue auxquelles elles taient soumises depuis leur naissance, assistaient en spectatrices, quelques fois engages, de ces vnements.
Avec beaucoup moins de pertinence et de prsence, les ides politiques et philosophiques portes par les rvolutions de la jeunesse occidentale des annes soixante, sinsinuaient dans les esprits. On demandait et on sefforait de soctroyer le plus possible de liberts, du moins autant que le permettaient les circonstances, les contraintes et les craintes que faisait peser un rgime tatique autoritaire. Au nom dides, mal assimiles, puises dans la philosophie matrialiste, lathisme, tait rig comme but ultime de la rflexion philosophique. La religion est lopium du peuple tait la maxime de la philosophie marxiste la plus connue par la jeunesse ahfirienne. La religion avec ses prceptes tait mise sous le boisseau et lpicurisme tait rig en impratif de la vie.
Une telle situation qui augurait dun bouleversement dans la socit marocaine en gnral, ne pouvait rester sans rponse de la part des responsables dans les hautes sphres politiques du pays. Alors singnia-t-on de contrecarrer le progressisme affich de la nouvelle vague qui se rclamait dun modernisme tout azimut par la promotion dune tendance oppose et donc prchant le retour lauthenticit, aux fondamentaux de la socit marocaine qui ne sont autres que la religion islamique et la tradition purifies des scories superstitieuses et autres pratiques trangres. Entre autres, pour prmunir la jeunesse montante contre le fourvoiement qui sinsinuait travers les ides importes, on renfora les cours dinstruction islamique et on institua la pratique de la prire dans les tablissements scolaires du primaire et du secondaire. Cette riposte lchelle nationale, ne pouvait pas ne pas avoir son application le plus largement possible dans le paysage social du microcosme ahfirien. Cest ainsi que lunique collge de la ville dAhfir, connut une ferveur religieuse qui emplissait ras bord la grande cour de rcration pendant lheure de la prire de la mi-aprs-midi. Outre les affaires scolaires, les lves se souciaient tout autant du tapis de prire.
À Ahfir, la contre-offensive des reprsentants locaux de lÉtat et en particulier le calife, le plus zl dentre eux, ce qui tait considr comme une menace pour les murs de lpoque, se conut dans laisance la plus totale, dans la mesure o elle venait en cho du sentiment gnral de la majorit de la population traditionaliste. Une lutte sournoise sinstalla alors entre les deux camps, une guerre de positions qui ne disait pas son nom. Dans ce climat demballement et dexcitation de deux visions du mode de vie dans une ville o linformation samplifie et les langues se dlient chaque fois que le plat ordinaire est rompu par un fait distinct ou inhabituel, toute nouveaut tait impertinente ft-elle bnfique. Cest ainsi que mme la scolarisation des filles tait juge, au-del dun certain niveau gnralement le degr du certificat dtudes primaires pernicieuse pour leur ducation familiale et leur avenir en tant que femmes au foyer obissantes et dociles aux ordres de lpoux. Au collge o la mixit tait admise cahin-caha, les filles dont leffectif total dpassait rarement les dix pour cent des effectifs totaux dun niveau, taient en isolement quasi total de leurs camarades de sexe masculin. La communication entre les deux sexes tait presque inexistante. On ne se disait mme pas bonjour ! Une fille qui communiquait aisment avec les garons tait tiquete comme dvergonde et finirait, pensait-on, vieille fille. Deux mondes spars recevant la mme instruction du mme enseignant et sous le mme toit, tout en signorant totalement. Dun ct comme de lautre linstruction navait pas pu altrer la puissante persistance de ce tabou inculqu subrepticement, cependant restant un non-dit, qui faisait reprsenter la fille, une proie constamment guette, en objet de jouissance chez le garon. Chez la fille, celui-ci tait reprsent en prdateur sexuel indomptable avec lequel tout contact, aussi ordinaire fut-il, tait conu comme source de dshonneur indlbile.

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1.
2. Fonction jouissant lpoque dun prestige et dune autorit normes




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- Un terme polysmique
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: () :
-
- :
- ( ) :
- :

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- : . [ ]. ( ). [ ]. ( ).
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-: .
2 .
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- :
etc...
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